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Corps et bioéthique

Paris X Master 2 2008-2009

Bibliographie élémentaire :

 

Guy Durand, Introduction générale à la bioéthique, Québec, Fides, 2005

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Présentation:

 

Ce séminaire s’efforce d’amorcer une réflexion, principalement historique, sur l’appréhension du corps humain par le droit.

Il convient de remarquer que la notion de corps fut longtemps floue et le reste encore en grande partie. La confusion entre le corps et la personne est souvent faite dans les textes récents, même dans le code civil. Pour une époque plus ancienne le corps est surtout envisagé comme réceptacle de l’âme et la distinction âme-corps est regardée comme fondamentale, ce qui a longtemps dévalorisé le corps, simple instrument périssable de souffrance et de plaisirs.

La préhistoire de la réflexion « éthique » sur le corps est évidement liée à la médecine et d’abord orientée autour de la notion de soins. C’est le temps de la médecine ‘hippocratique » avec ses règles professionnelles. Avec l’apparition de la médecine expérimentale au XVIe siècle, le problème de l’interdit et de l’autorisé s’est renouvelé, principalement autour de conflits avec l’Église. Mais l’avènement des principes contemporains de bioéthique nait de l’horreur provoquée par les expériences nazies. Le développement de ces réflexions accompagne évidement les progrès fulgurants des sciences médicales dans la seconde moitié du XXe siècle Encore faut-il déterminer le fondement de ces nouvelles règles : Les notions d’éthique et de morale doivent être précisées. Et il faut examiner, si, à notre propos, la rupture fondamentale opérée au début du XIXe siècle entre droit et morale n’est pas remise en question. La bioéthique qui maintenant entre pleinement dans le droit - est l’objet de lois - marque-t-elle le retour à l’Ancien régime où le droit se fondait (et disait) la morale ? L’ultime question est : comment recourir à la morale dans une société laïque. Le consensus est-il une morale ? Là encore l’histoire peut nous ouvrir des voies de réflexions.